À l’heure où les menaces numériques prennent une ampleur sans précédent, la question des droits numériques s’impose comme un enjeu prioritaire pour la société béninoise. Journalistes, activistes et organisations citoyennes utilisent le numérique pour s’exprimer, informer et mobiliser. Mais cet espace est également devenu le terrain privilégié de la cybercriminalité, de la désinformation et du harcèlement en ligne.
Face à ces défis, deux organisations béninoises, Jeunesse Innovante et Restauration du Bien Être (JERESTAURE BIEN ETRE) et l’Association des Jeunes Volontaires pour le Développement (AJVD), se sont imposées comme des acteurs stratégiques. Leur mission : conjuguer formation, protection et plaidoyer pour garantir que les droits numériques soient pleinement respectés et que les acteurs civiques disposent des moyens de poursuivre leur action en toute sécurité.
La formation comme premier levier
Le premier axe d’action porté par JERESTAURE BIEN ETRE et AJVD est la formation en cybersécurité. Conscientes que la plupart des acteurs civiques ne disposent pas de connaissances suffisantes en protection numérique, les deux associations ont initié un cycle d’ateliers pratiques.
Ces formations, organisées à l’échelle nationale, visent à :
- renforcer les compétences de base (gestion des mots de passe, usage des messageries chiffrées, sauvegarde sécurisée),
- sensibiliser aux risques émergents (phishing, désinformation, surveillance en ligne),
- outiller chaque participant avec un plan d’action individuel applicable dans son environnement professionnel et militant.
À travers ce dispositif, plus d’une cinquantaine de journalistes, activistes et défenseurs des droits humains ont déjà été formés. Cette démarche contribue à bâtir une culture de la cybersécurité au sein de la société civile.
La mise en place de mécanismes d’alerte et de solidarité
Au-delà de la formation, les deux associations innovent par la création de réseaux sécurisés de communication et d’alerte rapide. Ces espaces protégés permettent aux membres de :
- signaler immédiatement une menace ou une attaque,
- recevoir des conseils techniques,
- bénéficier du soutien moral et psychologique de leurs pairs.
Ce système d’alerte transforme la vulnérabilité individuelle en force collective. Il incarne une nouvelle approche de la cybersécurité : non plus seulement technique, mais fondée sur la solidarité et l’entraide.
Le soutien psychosocial comme innovation
JERESTAURE BIEN ETRE et AJVD ont également introduit un volet rarement pris en compte dans les projets de cybersécurité : le soutien psychosocial. Les victimes de cyberattaques ou de harcèlement en ligne ne subissent pas seulement des pertes matérielles, elles endurent aussi des traumatismes psychologiques.
Pour répondre à cette réalité, les associations ont mobilisé des psychologues et des conseillers spécialisés, capables d’accompagner les victimes, de restaurer leur confiance et de les aider à reprendre leur engagement civique. Cette approche holistique démontre que la protection des droits numériques ne se limite pas à la technologie, mais concerne aussi le bien-être des personnes.

Un plaidoyer pour un cadre plus protecteur
Enfin, les deux associations s’engagent dans un dialogue institutionnel. Par l’organisation de tables rondes réunissant société civile, autorités publiques et experts techniques, elles créent un espace de discussion autour du Code du numérique et des pratiques de surveillance.
Leur objectif est clair : contribuer à l’élaboration d’un cadre légal qui protège réellement les citoyens, en conciliant sécurité nationale et respect des libertés fondamentales. Cette démarche de plaidoyer inscrit leur action dans une dimension durable et systémique.
Conclusion
Du terrain de la formation à celui du plaidoyer institutionnel, JERESTAURE BIEN ETRE et l’AJVD démontrent que la protection des droits numériques est une responsabilité partagée. En renforçant les compétences, en créant des mécanismes d’alerte et en apportant un soutien psychosocial inédit, elles positionnent la société civile béninoise comme un acteur incontournable de la résilience numérique.
Leur action illustre un principe simple mais essentiel : protéger le numérique, c’est protéger la démocratie. En valorisant la coopération entre citoyens, experts et institutions, elles ouvrent la voie à un environnement digital plus sûr, inclusif et respectueux des droits humains.



